À Propos

Bienvenue sur mon blog de photos et récits de voyage! Fuyant les destinations touristiques depuis un séjour en Thaïlande, j'ai découvert l'amour du voyage à la frontière entre la Chine et le Pakistan, où j'ai atteint une sorte de nirvana gulliverien en regardant d'immenses montagnes de sables devant un lac asseché. Je suis à la recherche du dépaysement, qu'il soit synonyme de se baigner avec des papis japonais nudistes ou être amenée à moto dans un commissariat chinois près du Kazakhstan. About me
La Couleur du Froid
Related posts
Mammifères du Costa Rica
27 juin 2015
Reptiles du Costa Rica
27 juin 2015
Oiseaux du Costa Rica
27 juin 2015
U.S.A.

Amishs à Miami

Il est difficile de venir au pays Amish sans idées reçues. Après avoir vu « Le Village » de M. Night Shyamalan, on s’imagine une sorte de petite communauté en autarcie, physiquement à l’écart de la civilisation moderne, vivotant de l’agriculture dans des maisons en bois construites aux 19e siècle.

voiture amish

Erreur! Bon d’accord, on a vu plus moderne comme moyen de transport. Mais regardez la maison!

Revenons tout d’abord à l’origine de cette communauté. A l’origine se trouve l’Anabaptisme, un courant évangélique chrétien de l’Europe du 16e siècle. De ce courant est née l’Eglise mennonite (branche « dure » de l’Anabaptisme), de laquelle sont nés les Amishs (branche « dure » de l’Eglise mennonite). Ils sont de nos jours environ 300 000 aux Etats-Unis.

Tu ne te conformeras point à ce monde qui t’entoure.
– Première règle Amish.

Continue reading…

Related posts
Related posts
New Orleans
4 octobre 2015
Reptiles du Costa Rica
27 juin 2015
Oiseaux du Costa Rica
27 juin 2015
Related posts
New Orleans
4 octobre 2015
Mammifères du Costa Rica
27 juin 2015
Oiseaux du Costa Rica
27 juin 2015
Related posts
New Orleans
4 octobre 2015
Mammifères du Costa Rica
27 juin 2015
Reptiles du Costa Rica
27 juin 2015
Related posts
New Orleans
4 octobre 2015
Randonnée à Yakushima
14 juillet 2013
Yakushima, La forêt
12 mai 2013
Japon

Randonnée à Yakushima

2302 032

A Yakushima (屋久島), Japon.

Pour aller à Yakushima, nous prenons le ferry qui part de Kagoshima vers 10h du matin. La vue sur le volcan Sakurajima est superbe.

Sakurajima volcan

Au bout de 3 heures, nous arrivons au port de Miyanoura et prenons un bus qui nous mène à la Kusagawa Trail entrance. La dame de l’entrée nous donne des cartes en japonais et en anglais. La précision n’est pas exceptionnelle, mais nous nous sommes débrouillés avec.

Continue reading…

Related posts
New Orleans
4 octobre 2015
L’Onsen de Mer à Yakushima
14 juillet 2013
Yakushima, La forêt
12 mai 2013
yakushima japon forêt
Japon

Yakushima, La forêt

A Yakushima (屋久島), Japon.

Yakushima est une île au sud du Japon, recouverte de forêt abritant les « Jōmon Sugi‎ », de gigantesques arbres millénaires. Elle a été la source d’inspiration d’Hayao Miyazaki pour dessiner le manga « Princesse Mononoké ». Voici comment il la décrit:

Même si elle a été modifiée par l’homme, la forêt de Yakushima a gardé quelque chose de sauvage. On y trouve les échos de cette forêt primitive que craignaient et qu’honoraient nos ancêtres, dont tout Japonais a gardé au fond de lui une part de nostalgie. Les arbres y dégagent beaucoup d’énergie et donnent aux promeneurs le sentiment d’une présence, de quelque chose d’inconnu et d’effrayant… Tout y est très calme, trop calme, tellement calme que vous n’êtes pas tranquille, vous marchez en regardant autour de vous, vous avez peur…

Yakushima est La forêt. Je n’en ai pas vu de plus belles. Je n’en ai pas vu qui contiennent un imaginaire aussi varié et troublant. C’est pourquoi j’aimerais, pour commencer, vous montrer les créatures merveilleuses qu’elle abrite.

Continue reading…

Related posts
New Orleans
4 octobre 2015
L’Onsen de Mer à Yakushima
14 juillet 2013
Randonnée à Yakushima
14 juillet 2013
Xinjiang

Habahe, ou notre Seconde Expulsion

Habahe-xinjiang (17)

A Habahe (哈巴河), Xinjiang du Nord, Chine.

Nous voilà donc embarquées dans le taxi de Sha Kan, notre nouveau chauffeur. A Habahe, nous faisons une pause pour déjeuner. De nombreuses larmes sont versées suite à ce plat de nouilles froides délicieux mais terriblement épicé:

la-mian-xinjiang

Voici le restaurant qui nous les a servi:

restaurant-la-mian-xinjiang

Il n’y a pas grand chose à faire à Habahe d’après notre guide et Internet. La seule excursion qui ressort de notre carte de l’office du tourisme chinois est Bai Sha Hu (白沙湖), un lac au milieu d’un désert. Les autres parcs naturels sont à des centaines et des centaines de kilomètres. Un coup d’oeil à Bai Sha Hu dans Google Image, et voici le résultat que nous obtenons:

baishahu

Pourquoi pas! C’est un peu retouché, mais ça a l’air plus qu’honnête pour combler notre après-midi. Après négociation: 450 RMB l’aller-retour.

La route est longue, toute droite sur des kilomètres. Quelques voitures, quelques tracteurs.

Bai Sha Hu est payant pour les touristes étrangers. Une petite voiture de golf vous emmène de l’entrée du parc au lac, qui n’a absolument pas la même apparence que sur notre résultat Google Image!

Habahe-xinjiang (4)

Habahe-xinjiang (5)

Habahe-xinjiang (6)

Habahe-xinjiang (7)

Néanmoins, l’endroit est calme, paisible. L’automne est peu à peu remplacé par l’hiver. C’est étrange de voir cette étendue d’eau en plein milieu de dunes de sables. Il fait assez froid d’ailleurs. Nous décidons de ne pas prendre la voiturette pour touristes fainéants au retour. Une marche face au vent et aux paysages désolés du Xinjiang du Nord.

Nous avons bien mérité le traditionnel et délicieux Zhua Fan pour notre dîner. Malheureusement, celui-ci baigne un peu trop dans l’huile et sera la cause de quelques désagréments nocturnes…

Habahe-xinjiang (8)

Dans les restaurants, on est toujours content d’avoir quelques lao wai (étrangers) attablés.

Habahe-xinjiang (9)

Que faire de cette fin de journée, si ce n’est explorer Habahe, malgré le peu d’indications touristiques qu’on peut trouver sur Internet et dans nos guides de voyage.

Première étape, le Bazar. Au milieu des stands des bouchers (âmes sensibles, s’abstenir), des vendeurs d’écharpes colorés, des dizaines de table de billards constituent l’espace ludique et de rencontres de Habahe.

Habahe-xinjiang (10)

Habahe-xinjiang (11)

La foule, les regards et l’odeur il faut bien le dire, nous poussent à nous aventurer hors des sentiers battus.

Habahe-xinjiang (12)

Habahe-xinjiang (13)

Habahe-xinjiang (15)

Et là, cerveau d’européen oblige, je me demande « Où est le centre historique de cette ville » ? Pour l’instant, nous avons vu uniquement deux larges artères entourées de bâtiments de plusieurs étages datant probablement des années 1970.

A force de tours et détours, nous arrivons dans un petit lotissement, avec des maisons en  briques et pierres. Des portes colorés sont appuyées sur les façade. Il n’y a pas d’adresse, ni de noms de rue, ni de route.

Habahe-xinjiang (14)

Plus loin encore, nous trouvons des maisons traditionnelles en terre et briques!

Habahe-xinjiang (16)

 Le voilà notre « cœur historique ».

Habahe-xinjiang (19)

Et que voit-on sur les façades? « 拆 » (chai), le caractère chinois qui signifie « à détruire ».

maisons traditionnelles xinjiang detruites

Où sont donc relogés les habitants dont les maisons traditionnelles sont rasées ? Dans d’horribles immeubles encore en construction, glauques, gris, lugubres. Les fleurs fanées et les vaches malades entourant ces immenses ensembles de béton contribuaient à renforcer cette impression de cités fantômes.

Habahe-xinjiang (17)

Habahe-xinjiang (18)

Il y avait des dizaines et des dizaines de bâtiments identiques en construction, organisés en quadrillage. Magnifique exemple de la rationalité robotique de l’urbanisation à la chinoise.

Habahe-xinjiang (20)

Plus loin, un marché de rue. J’imagine que bientôt, les marchands ambulants seront chassés des rues. Quel horrible pays cela deviendra quand les grands ensembles auront recouverts les villes provinciales de Chine, aspirés la végétation environnante ne laissant comme aux abords de Shanghai que des terres stériles et grises.

Habahe-xinjiang (21)

Habahe-xinjiang (22)

Habahe-xinjiang (23)

Habahe-xinjiang (24)

Habahe-xinjiang (25)

Sur les murs d’une école, des enfants ouïgours semblent rendre hommage à l’éducation chinoise. « Oh oui, Chine, éduque-moi!« .

Habahe-xinjiang (26)

Habahe-xinjiang (27)

Au bout d’une route, je prends discrètement des photos d’une sorte de cimetière en pierre.

Habahe-xinjiang (28)

Habahe-xinjiang (29)

Habahe-xinjiang (30)

Attention tag militant!

Habahe-xinjiang (31)

Serait-ce la décoration urbaine plus kitsch que j’aie jamais vu?

Possible…

Habahe-xinjiang (32)

Et hop, quelques colonnes grecques pour pimenter l’architecture d’un bâtiment.

Habahe-xinjiang (33)

Après cette virée étonnante dans les rues de Habahe, une petite surprise nous attend à l’hôtel.

Mais avant de la décrire, j’aimerais vous rappeler le contexte. Tout d’abord, la veille, après une petite visite au commissariat local, Céline et moi avions été sommées de quitter Bai Haba – ville frontière avec le Kazakhstan, sous prétexte que les étrangers n’y étaient pas autorisés.

Ensuite, le matin, arrivant à Habahe, notre chauffeur Sha Kan nous a déposées dans un hôtel. Passons l’épisode où notre charmant chauffeur essaie de s’incruster dans notre chambre et nous dit qu’il va dormir avec nous car « à trois on aura plus chaud »… Au bout de 5 minutes où nous étions dans la chambre, la réception nous a téléphoné pour dire: « ah, désolée, mon patron vient d’appeler, nous n’avons pas le droit d’héberger des étrangers ». Cela ne nous a pas surpris, car les hôtels en Chine doivent avoir une licence pour accueillir des étrangers, et souvent dans les petites villes de province, il n’y a qu’un seul hôtel -voire aucun, qui ont cette licence. Pourtant, c’était un peu étrange que le patron appelle tout à coup et dise « ah non, pas le droit aux étrangers ». Bref, nous sommes ensuite allées au « Grand hôtel » qui pouvait légalement nous louer une chambre pour la nuit. La réception a photocopié nos passeports, les a même gardé une demi heure.

Le soir donc, nous sommes rentrées à l’hôtel. A 19h, quelqu’un frappe à la porte. Céline ouvre la porte. Ce sont trois policiers chinois qui demandent notre passeport, ce que nous avons fait la journée, d’où nous venons, et ce que nous faisons en Chine. Nous répondons, et demandons la cause de cet interrogatoire. « Il y a une situation ». Puis « restez dans la chambre et attendez. » Mon imagination s’égare. Je me dis que peut-être des révoltes ont éclaté comme à Urumqi en juillet 2009, et que la police commence par le plus évident d’après elle: interroger les étrangers, source éternelle de troubles sociaux. A 20h, on frappe à la porte à nouveau. Trois policiers: un jeune homme, une femme qui parle un peu anglais, et un homme d’une quarantaine d’année, le boss a priori. La femme nous demande de les suivre au poste de police. « Hors de question », répondons-nous en chinois. Dès qu’ils voient que nous comprenons le mandarin, ils sont plus à l’aise.

– Suivez-nous au commissariat.
– Avant de vous suivre, nous aimerions savoir pourquoi vous voulez nous y conduire.
– On vous expliquera au commissariat.
– Non. Que voulez-vous?
– Vous vous êtes promenées aujourd’hui.
– Oui.
– On nous a dit que vous avez pris des photos de déchets. On veut voir vos appareils photos?

Soudain tout s’éclaircit. Ils en ont après nos photos! La femme fait défiler les photos de Céline, et commence à effacer les photos qui montrent des déchets et les maisons avec le tag « à détruire », ainsi que la photo de l’église catholique de la ville. Heureusement, Céline les a sauvegardées sur son iPad avant la deuxième venue de la police! Le jeune policier est zélé. Il nous demande: « alors, vous aimez la Chine? ». Puis « vous préférez la Chine ou la France? Quel est le meilleur pays? »

« Bu yang de » (ce n’est pas pareil), dis-je, à moitié amusée par la stupidité et la lourdeur de la question. Céline au bord de l’énervement, répond « dou hao » (les deux sont bien.)

– Avez-vous d’autres appareils photo?
Hésitation…
– Oui, dis-je en apportant le mien. Je ne veux pas risquer des problèmes supplémentaires.

Je demande pourquoi ils effacent la photo de l’église. Je dis qu’en France, nous avons des églises et donc j’ai voulu photographier le clocher de Habahe car cela ressemble à la France. Le jeune policier me dit « non, c’est pas pareil, c’est le Xinjiang ici ». Ok, argument irréfutable. Puis je demande ce qu’on ne peut pas prendre en photo: « la ville, les maisons. Les paysages vous pouvez, mais pas le reste. »

Puis après avoir passé en revue nos 1000 photos, ils partent en rappelant les consignes de photos à ne pas prendre.

Comment ont-ils su que nous avions pris des photos ? Nous ont-ils suivies dès que nous avons été enregistrées au Grand Hôtel ? Ou bien avons-nous été fichées à partir du moment où l’on nous a arrêtées à Bai Haba ? C’est une sensation très désagréable. C’est la Chine qu’à Shanghai nous ne connaissons pas.

Au moins, avant de quitter la Chine, j’aurais rencontré la dictature. 

Nikon D100


Afficher Voyage au Xinjiang du Nord sur une carte plus grande

Related posts
Bye Bye Bai Haba, ou Notre Première Expulsion
18 mars 2013
Bai Haba, l’inexploré
3 février 2013
Hemu, un village du Far West chinois
31 janvier 2013
Xinjiang

Bye Bye Bai Haba, ou Notre Première Expulsion

Ethnie Tuwa

A Bai Haba (白哈巴), Xinjiang du Nord, Chine.

Ce matin, nous nous levons tôt pour affronter la journée. Départ à la case épicerie, ou nous achetons quelques barres chocolatées, des nans secs étouffe-chrétien et des amandes. Voici le Bon Marché de Bai Haba, tenu par un sympathique monsieur:

Marchand Bai Haba

Maison rondin nord Xinjiang

Les maisons ne cessent de m’intriguer, notamment celle-ci qui semble avoir une coupe de cheveux de punk:

Maison Nord Xinjiang

A quelque pas du village, les paysages sont incroyables.

Forêt nord Xinjiang

Feuilles dans la glace

Des pieds glacés:

Ruisseau Bai Haba

Hiver Xinjiang

Forêt colorée du Xinjiang

Une chèvre a laissé quelques indices:

Poils de chèvre dans la forêt

Route Bai Haba

Voici un beau point de vue du village, en remontant la route vers l’entrée Sud du village:

Panorama Bai Haba

En haut d’une colline, un sanctuaire bouddhiste:

Bouddhisme peuple Tuwa

Route près de Bai Haba

Les seuls passants que nous croisons sont en tracteur ou à moto:

Forêts du Xinjiang

Terres du Xinjiang du Nord

Arbres Bai Haba

Un arbre très maléfique que je verrais bien dans un film de Tim Burton:

Arbre maléfique

Glace

Paysage du Xinjiang du Nord

La forêt donne parfois l’impression d’être peuplée de créatures infernales fossilisées:

Paysages Xinjiang forêt

Bai Haba campagne

Pierre coloré Xinjiang

Le jour diminue. Les couleurs deviennent fantastiques:

Pâturage Bai Haba

Elevage Xinjiang

élevage au Xinjiang

Routes du Xinjiang Nord

L’arbre au tronc couvert d’épines et le cheval blanc, je pense à un conte de fées en voyant cette scène:

Cheval de conte de féés

Le conte de fées s’arrêtent brutalement au poste de frontière avec le Kazakhstan, devant la caserne chinoise, car nous sommes re-contrôlées, alors qu’hier le soldat nous avait dit que nous pouvions emprunter cette route.

« Hu zhao? Tong Xin Zheng? » (Passeport ? Laisser-passer ?)

Le soldat confisque nos passeports et disparaît avec dans la caserne pendant dix minutes. D’autres soldats viennent nous parler « Ahhh Fa guo ren (français), Zidane! » … Cela nous fait moyennement sourire car il fait probablement -10°C et nous attendons nos passeports. Le soldat revient avec et demandent si nous avons un laisser-passer.

– Pour la deuxième fois, de QUEL laisser-passer parle-t-on?
– Oh, deng yi xiar (attendez un peu) »

Et voilà qu’il repart avec nos passeports. La situation avance à grand pas ! Dix minutes plus tard, un autre soldat arrive, sur une moto. « Au poste ! » Charmante nouvelle. Nous montons chacune notre tour sur la moto conduite par un Kazakh très heureux de faire la course, si l’on en juge par son sourire jovial quelque peu édenté.

Le policier-chef nous apprend que les étrangers n’ont pas le droit de dormir dans le village. Première nouvelle… Céline explique que nous sommes des touristes, qu’on ne le savait pas, que nous avons notre VISA en règle et que nous ne sommes pas venues pour causer des problèmes. Le petit bonhomme répond : « Quel est le chauffeur qui vous a amenées ici ? » Et maintenant, l’instant délation !

« Euhhh on ne connait pas son nom, désolée. » « Chez quelle famille êtes-vous hébergées ? » « Euhhh sincèrement, on ne sait pas non plus. C’est une maison construite en bois. » (L’indice redoutable…) « On ne veut pas qu’il arrive de problème aux gens qui nous hébergent », ajoute Céline. Au final, on est obligées de cracher le morceau. On apprend d’ailleurs que nous dormons à « l’Auberge Genghis Khan »! Le petit flic bedonnant nous demande de quitter le village « tout de suite ». Il est 18h, nous n’allons pas aller très loin, sans chauffeur en plus. J’ai l’impression qu’ils veulent nous racketter…

« Où est votre laisser-passer ?
– On n’en a pas. Où peut-on l’obtenir ?
– Je ne sais pas. Il n’y a pas d’endroit où on peut l’obtenir. »

Ah oui, la logique chinoise, j’avais presque oublié !

Au final, Céline négocie et nous avons droit à un sursis: nous partirons demain matin à la première heure. Ouf ! Nous pouvons repartir, mais escortées d’un policier. Cela fait un peu bizarre d’être raccompagnée par un policier dans les rues… Déjà qu’en tant qu’étrangères, on ne passait pas inaperçues, là c’est le défilé de Carnaval. Le jeune policier est Kazakh. Il nous dit que bonjour se dit « Asalam Alekoum », et merci « Rajmat » (comme en ouïghour). Il demande si nous avons un billet français à lui donner. Céline fouille ses poches: il se contentera d’une pièce de 5 centimes d’Euro !

Nous croisons notre hôte à moto, et il a une vive discussion avec le policier. Nous sommes gênées, car sa famille était tellement hospitalière avec nous… Au final, arrivées à Genghis Khan, notre hôte nous dit que les policiers sont des abrutis (!) et que les étrangers peuvent rester dans le village pourvu qu’ils ne passent pas la frontière  – un discours qui paraît plus logique que celui entendu au commissariat…

Carte de la Chine en pierres

Ai Ding (c’est le nom de notre hôte) est embêté pour nous. Il appelle un de ses copains kazakhs, et nous emmène en moto voir le coucher de soleil sur Bai Haba. « Gratuitement ! Le deuxième chauffeur, c’est moi qui le paie, pas vous ! » insiste-t-il.

Et c’est ainsi que nous nous retrouvons assises en haut d’une colline à discuter avec un Tuwa (à droite) et un Kazakh (à gauche avec le casque rouge).

Bai Haba Tuwa Kazakh

Il y a 800 habitants à Bai Haba. Ils nous expliquent qu’au sein du village cohabitent harmonieusement deux ethnies: les Tuwa, d’origine mongole, bouddhistes et très proches de la nature, et les Kazakhs, musulmans. La légende dit que les Tuwas étaient les soldats vieux ou blessés laissés derrière par Genghis Khan lors de ses conquêtes.

« Septembre est la meilleure période pour venir à Bai Haba, nous dit Ai Din. Il y a beaucoup de touristes, essentiellement des photographes.
– Des étrangers ?
– Il y a eu un coréen et un hong-kongais. Sinon, uniquement des chinois.
– Et des « jin tou fa » (blondes) ?
– Non, c’est la première ici. »

Ouah, je suis la première espèce blonde à fouler le sol immaculé de Bai Haba. Que d’émotions ! Nous sommes probablement les premières françaises. Petite fierté !

En juin, il y a une grande fête Tuwa où les habitants dorment et dansent autour de ce sanctuaire bouddhiste:

ethnie Tuwa bouddhiste

Et aussi, Ai Din nous parle d’une excursion à cheval qui se fait en 4 jours, près de deux lacs (双湖). J’ai déjà envie de revenir à Bai Haba.

Ai Din nous demande de parler de sa guest-house sur internet. Je trouve ça fou qu’il connaisse le pouvoir du bouche-à-oreille virtuel, lui qui n’a même pas l’eau courante ni de salle de bain ni de toilettes ni même d’ordinateur.

Le soir, nous avons la compagnie du petit enfant d’Ai Din, qui s’avère infatigable ! Ai Din, dont j’estimerais l’âge autour de 40 ans maximum, est visiblement grand-père…

Peuple Tuwa

Voici le mari de sa fille, la professeur de mongole:

Ethnie Tuwa

Le lendemain matin, le mugissement des vaches nous réveillent. Je suis un peu émue de quitter notre nouvelle famille. Eux aussi d’ailleurs. Ils disent à Céline qu’elle a l’air d’origine mongole ! Elle est presque adoptée !

Nous prenons des photos souvenir et leur promettons de parler d’eux sur internet. Ai Din nous négocie un super deal: 60 RMB pour aller à Ha Ba He. Nous sommes désormais entre les mains de Sha Kan, notre nouveau chauffeur. Il est kazakh (et nous montre sa pièce d’identité pour la prouver). L’ethnie est inscrite sur les papiers officiels chinois.

Sha Kan a de petits yeux verts perçants.

Chauffeur ouighour

Nous passons chercher une famille qui descend à Ha Ba He aussi.

Xinjiang nord propriété

Nous nous arrêtons devant un panorama à couper le souffle: le fleuve Ha Ba He gelé, frontière naturelle entre la Chine et le Kazakhstan. Malheureusement, les photos ne rendent pas la magnificence de ce paysage, un des plus beaux que j’ai vu en Asie.

Fleuve Haba

Fleuve Bai Haba

Nous nous dirigeons tranquillement vers Ha Ba He pour le déjeuner, et ensuite vers Bai Sha Hu – un lac au milieu d’un désert, pour passer l’après-midi. Le calme de Bai Haba me manque déjà.

Nikon D100

Afficher Voyage au Xinjiang du Nord sur une carte plus grande

Related posts
Bai Haba, l’inexploré
3 février 2013
Frontière Kazakhstan Chine à Bai Haba
Xinjiang

Bai Haba, l’inexploré

A Bai Haba (白哈巴), Xinjiang du Nord, Chine.

Ce matin, nous quittons Hemu pour Bai Haba. Aucun bus ne fait la liaison entre les deux villages. Seul moyen pour se déplacer : faire du stop !

Bai Haba est le village le plus septentrional de l’Ouest de la Chine, situé au pied des montagnes de l’Altay. Il tire son nom de la rivière Bai Haba, frontière naturelle entre la Chine et le Kazakhstan.

Voici quelques photos de la route entre Hemu et Bai Haba :

Notre chauffeur nous dépose chez ses amis, qui proposent une chambre pour 50 RMB (environ 4 euros) par nuit. Des draps sèchent devant la maison. Les femmes de la famille sont sûrement les blanchisseuses du village. Dehors, il y a un vieux billard, un réservoir à eau potable, des toilettes sèches et une moto.

Nous attendons notre déjeuner dans la « pièce à vivre », bien chauffée grâce à un poêle. La télé est allumée, et annonce la mort du roi du Cambodge.

Nous mourrons de faim. Le déjeuner consiste en un bol de soupe de nouilles (拉面, « la mian ») plates avec des légumes (tomates, cèleri). La sauce ressemble à celle du Bortsch russe. De la bonne cuisine familiale !

Bien réchauffées, nous commençons notre promenade dans le village. Les passants sont tantôt sympathiques…

…tantôt indifférents.

Dans certaines propriétés, des yourtes font face aux maisons en rondins de bois.

C’est la sortie de l’école. Les enfants sont très surpris de nous voir.

Rapidement, ils nous sourient et nous font signe de la main.

Un peu plus loin, un panneau indique la frontière avec le Kazakhstan. Une rivière gelée est entourée de déchets en plastique.

Le soleil est très intense, une lumière blanche difficile à maîtriser avec l’appareil photo.

Sur la pierre, il est écrit le nom du village : 白哈巴. Et à droite : 西北第一河 (« xi bei di yi he »), la première rivière du Nord Ouest.

Comme à Hemu, les plaines servent de pâturages pour le bétail. Ces montagnes sont kazakhs:

Voici le poste de frontière entre la Chine et le Kazakhstan.

Une caserne militaire chinoise surplombe le village. Les soldats y nourrissent des oies. Bizarre…

Aurait-on eu vent de l’histoire des Oies du Capitole, à Bai Haba ? Ces oies sacrées de Junon, qui ont alerté Rome d’une attaque surprise des Gaulois vers 390 av. J.-C.

En passant devant le poste de frontière, un jeune soldat accourt et se rend compte que nous sommes étrangères. Son visage est recouvert d’ acné juvénile. Il sourit, ce qui est souvent signe de malaise chez les chinois! Il crie aux autres soldats : « 他们是外国人!我怎们作 ? » (Elles sont étrangères! Comment est-ce que je fais?). Céline lui dit que nous comprenons le chinois. Il demande nos passeports, les regarde sans rien comprendre, et nous dit que nous pouvons retourner au village, mais surtout « attention à ne pas passer la frontière! ».

Street Art à Bai Haba:

Le soleil se couche, la lumière devient plus chaude et les couleurs de l’Automne ressortent d’avantage.

Retour à notre chambre d’hôte. Une des femmes de la maison est professeure de mongole. Dans notre chambre, il y a de drôles de livres éducatifs sur la langue mongole.

Et voici notre dîner : du zhua fan 抓飯 (le riz pilaf typique du Xinjiang, avec des carottes et du mouton), du pain et du thé au lait frais, tiré le matin même, avec ce beurre amer étrange. Un vrai délice après un après-midi à vadrouiller dans le village par un froid polaire !

Le lendemain nous réservera de belles surprises…

Nikon D100


Afficher Voyage au Xinjiang du Nord sur une carte plus grande

Related posts
Bye Bye Bai Haba, ou Notre Première Expulsion
18 mars 2013